Le président de la SNSM Côte d'Amour appelle à une vigilance de tous en mer

11/08/2020

Interview duprésident de la SNSM Côte d'Amour, Thierry Caudal, dans Ouest France du vendredi 7 août.

Un article qui rappelle que la prudence est mère de sûreté sur l'eau comme sur terre.

Pornichet. Un an après l'accident mortel de bouée tractée, la sécurité renforcée dans la baie

Le 8 août 2019, une adolescente de 15 ans décédait lors d'un accident de bouée tractée dans la baie. Le drame a été l'un des déclencheurs pour mieux sécuriser la navigation avec la création, cette année, d'une « zone tampon ».

Le drame est encore dans toutes les mémoires. Un événement marquant, traumatisant sur le moment, souffle Thierry Caudal, président de la station SNSM Côte d'Amour à Pornichet.

Les bénévoles étaient sur le pont ce jeudi 8 août 2019 lorsque l'accident qui a coûté la vie à une adolescente de 15 ans s'est produit, face à l'île des Evens, à deux kilomètres au sud-ouest de Pornichet.

La jeune fille faisait de la bouée tractée avec son père et son frère de 13 ans, tous originaires de la région parisienne. C'est au moment de remonter à bord du semi-rigide de location qu'elle a été happée par l'hélice alors que le moteur était toujours en marche.

Malgré l'intervention rapide des secours, la jeune fille est décédée d'une hémorragie. La règle veut pourtant que lors de la récupération d'une personne en mer, on stoppe le moteur. L'accident est vraiment lié à la remontée à bord, glisse Thierry Caudal de la SNSM, jamais avare de messages de prévention à destination des nombreux plaisanciers qui naviguent en baie de La Baule

Un espace fermé qui donne une impression de sécurité, avec de plus en plus d'activités qui cohabitent, rappelle le responsable de la station de Pornichet qui recense 60 bénévoles - dont 37 bénévoles embarqués.

Vitesse limitée à 10 nœuds

Ce drame est donc venu rappeler les multiples dangers qui peuvent survenir en mer. Il a aussi été l'un des éléments déclencheurs d'une concertation entre les acteurs de la baie, publics et privés, précise Alice Gaillard, chef du contrôle des activités maritimes aux Affaires Maritimes.

À l'initiative des trois maires des communes de la baie - La Baule, Pornichet, Le Pouliguen - tous se sont mis autour de la table : les loueurs et professionnels, la SNSM, les Affaires Maritimes. De cette initiative - une première en France - est née la création d'une zone tampon pour sécuriser les loisirs nautiques.

Elle a fait l'objet d'un arrêté du préfet maritime. Concrètement, cette portion de 100 mètres est située entre la zone des 300 mètres existante et le large. La vitesse y est limitée à 10 nœuds (18 km/h) et la navigation douce est privilégiée. Les bateaux qui tractent (bouée, ski nautique) doivent aller au-delà de 400 m.

Il y a vraiment une notion de sécurité pour les baigneurs qui s'arrêtent à 300 m, précise la responsable des Aff'mar'. Et selon Thierry Caudal, les bateaux à moteur ne peuvent pas filer à pleine vitesse au plus près des bouées délimitant la zone des 300 m. Cette zone tampon permet de modérer les choses, ceux qui sortent du chenal se sentent plus en sécurité, assure le patron de la SNSM, les retours sont plutôt positifs.

Travail d'information

Mais ce dernier admet toutefois qu'il y a encore un gros travail d'information à faire auprès des plaisanciers. Pour éviter un drame comme celui de l'année dernière, la préfecture maritime invite en outre les plaisanciers à s'équiper de cage à hélice, mais la décision doit être prise au niveau national, il n'y a pas d'obligation.

Dans la baie de La Baule, l'augmentation générale du trafic des plaisanciers doit forcément inviter à la prudence. Depuis le début de l'été, les sauveteurs de la SNSM ont réalisé 14 interventions sur déclenchement du Cross Etel et secouru 32 personnes. À l'approche du week-end du 15 août, traditionnellement un pic de fréquentation touristique dans l'été, la vigilance reste de mise."

Nicolas Dahéron et Salomé Chauvet pour Presse Océan 07/08/20